
Quelle que soit votre habitude à l’auto-analyse, votre niveau de formation, le nombre d’années passées en thérapie, les innombrables outils que vous connaissez en développement personnel, il est incroyable de se rendre compte à quel point notre système de pensées en huis clos peut nous tromper.
Eh oui, combien de fois déjà je me suis dit que j’avais fait le tour de mes barrières, de mes croyances, et qu’au détours d’une discussion avec un ami ou une collègue ou lors d’une supervision, je me retrouve à nouveau face à un schéma de pensées stériles.
Ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends ne peut qu’être vrai car il s’agit de mes sens, ils ne peuvent pas me tromper ? Et pourtant…
Premièrement, nous ne percevons pas tous les mêmes choses, certains sont globalement plus ou moins sensible. D’autres ont certains sens plus ou moins développés.
Deuxièmement, nous interprétons tous différemment ces perceptions, de par nos filtres familiaux, culturels et au travers de nos expériences vécues.
Cela donne bien évidemment une multitude de croyances, d’avis, de pensées, différentes pour chacun de nous.
Nous avons beau travailler sur nous même, devenir conscient de nos ombres, se dire que cette fois on ne tombera pas dans le panneau, force est de constater que ce n’est pas le cas. Même les plus aguerris se font avoir par ce mental qui veut nous faire croire que nous avons raison et nous laisse voir seulement ce qui nous conforte.
Le fait de travailler sur soi n’empêchera pas cela, au mieux cela vous ouvrira plus à la vision de l’autre, mais cela vous fera comprendre que c’est en partageant, en se confrontant au miroir que sont les autres que vous pourrez sortir de vos croyances limitantes.
Lorsque nous nous replions sur nous-même nous n’existons donc que dans notre propre monde intérieur et construit par nous-même. Un joli monde imaginaire parfois positif, parfois négatif, mais nous ne possédons qu’une partie de la réalité. De ce fait, n’existons-nous pas en partie au travers des autres ? Plus je comprends la vision des autres et la mienne, plus mon champ de perception grandit, plus je peux obtenir une image plausible de ce qu’est la réalité.
Par exemple, si je me tiens dans une salle à observer un objet de face, je peux m’imaginer comment est l’arrière, car mon cerveau en construit une représentation. Maintenant s’il y a 10 personnes dans la salle qui me décrivent ce qu’ils voient, ma représentation n’en sera-t-elle pas plus précise ?
Je ne verrai toujours pas l’arrière de l’objet, mais elle sera construite sur l’observation subjective des autres et de la mienne. Je peux donc changer ma perception et imaginer autre chose.
N’est-ce pas la même chose avec notre propre image, nos schémas de pensées ? Plus j’ai de retours sur moi, d’échanges honnêtes et bienveillants, plus j’aurai une vision de moi à 360°, basée sur diverses interprétations et donc une perception plus précise de moi ou, du moins, avec plus de possibilités ouvertes…
N’est-ce pas là le principe de base de tout accompagnement ? Bénéficier avant tout d’un miroir bienveillant et honnête sur qui nous sommes vu de l’extérieur et à quoi ressemblent nos pensées pour pouvoir évoluer sur des chemins invisibles pour nous jusque-là.
Alors à vos miroirs ! Prenez le temps d’apprendre à vous connaître un peu plus au travers de la subjectivité des autres !
Grégoire Perroud