Vous est-il déjà arrivé de coacher une personne qui vient vous voir avec un enthousiasme approximatif (qui reste à définir), une problématique un peu nébuleuse et un objectif aussi facilement définissable que le monstre du Loch Ness par temps de brouillard compact ?
Avez-vous déjà terminé une séance de coaching littéralement sur les rotules avec l’impression d’avoir ramé pendant une heure et d’avoir tourné en rond sans être arrivé nulle part ? Avez-vous déjà ressenti cet état de frustration, de mécontentement de soi, doublé de l’impression de vous être fait rouler dans la farine en deux coups de cuillères à pot ? Dois-je évoquer la sensation d’avoir pédalé dans la semoule à chercher une aiguille dans une botte de foin ?
Je crois que vous avez l’idée…
Qu’est-ce qui fait que le coaching tombe à plat comme un soufflé sorti trop tôt du four ?
Personnellement, j’ai quelques pistes tirées de mes propres expériences du début de ma carrière de coach. Il m’est arrivé de :
– Me lancer, pleine d’enthousiasme, à peine la situation évoquée, car j’avais « saisi » où mon coaché voulait en venir.
– Me précipiter dans l’envie de bien faire, car j’avais « saisi » ce dont mon coaché avait besoin.
– Me retrouver embarquée dans le labyrinthe du coaché, car j’avais « saisi » qu’il y était lui-même perdu.
– Avoir peur de le confronter, car j’avais « saisi » qu’il ne fallait pas trop le bousculer.
– Lâcher le processus car j’avais « saisi » que le coaché ne serait pas preneur.
Que faire face à un coaché qui vous « balade », sans demande précise, sans autre envie (souvent bien cachée ou inconsciente) que de vous faire bosser à sa place et/ou recevoir une liste de conseils déguisés ou pas, dans laquelle il va pouvoir se faire un plaisir de choisir celui qui lui conviendra et ira dans son sens, sans manquer de vous renvoyer les autres à la figure (le fameux « oui mais… ») ?
Vous voyez les deux grands absents dans l’histoire ? L’objectif et la demande, deux des clefs de voûte d’une séance de coaching réussie.
Que faire lorsqu’on sait qu’on va quelque part mais qu’on ne sait pas dans quelle direction ?
Un coaching sans objectif de séance est comme une jolie balade en forêt, choisie au gré du pas précédent. Un coaching sans demande est comme une danse à deux en silent party et dont chacun a choisi un canal musical différent. Mais est-ce vraiment du coaching ?
Lorsque cela vous est arrivé, qu’avez-vous fait ?
Parmi les outils du coach, la métacommunication, le feedback ajusté et pourquoi pas le stop technique peuvent être d’excellents moyens de faire descendre l’énorme éléphant de vos genoux et de le placer au centre de la discussion : pour une communication claire et des responsabilités équitablement partagées.
Quant à votre coaché, peut-être simplement qu’il ne sait pas vraiment ce qu’est le coaching et qu’il peut être aidant de lui en redonner la définition.
Quoi qu’il en soit, là où il incombe au coach de gérer et de conduire le processus, il incombe au coaché…d’avoir envie d’être coaché !
Abé Godonou