« Arrête de penser ! »
Ah mais oui ! Mais bien sûr ! Merci pour ce précieux conseil. Je n’y avais jamais pensé… Tu as raison, je vais tout de suite arrêter de penser et, tant qu’on y est, je vais aussi « lâcher prise ».
C’est une phrase que l’on m’a dite et redite. Comme s’il suffisait d’appuyer sur un bouton ON/OFF.
Spoiler alert : non.
Pour quelqu’un qui a un cerveau qui capte, analyse, relie et questionne presque tout, tout le temps, arrêter de penser n’est simplement pas possible. Nous avons tous des pensées, bien sûr. Mais certaines personnes en ont plus que d’autres. Des pensées continues, infinies, qui s’entrecroisent, se chevauchent. Des associations d’idées permanentes, des parallèles, des projections.
Une force… mais aussi une fatigue
Il y a du bon là-dedans, évidemment.
Cette manière de fonctionner permet d’être créatif, de voir des liens inattendus, d’imaginer des solutions, d’anticiper des possibilités. Dans certaines situations, c’est une vraie force : pour résoudre un problème, trouver un système D, inventer, adapter, améliorer.
Mais il faut aussi être honnête : c’est épuisant.
Parce que le cerveau remet tout en question.
Parce qu’une idée en amène dix autres.
Parce que chaque décision semble reliée à tout le reste.
Quand on arrête de se battre contre ses pensées
Pendant longtemps, j’ai regardé les autres en me disant : j’aimerais tellement être comme eux. Faire simplement les choses sans tout remettre en question. J’ai cru que quelque chose n’allait pas chez moi. J’ai essayé de me conformer, de cacher certaines parts de moi, de fonctionner autrement.
Je me suis surtout épuisé.
Il m’a fallu du temps pour comprendre quelque chose de simple : le problème n’était pas mes pensées, mais la manière dont je me battais contre elles.
Aujourd’hui, je pense toujours beaucoup. Trop. Tout le temps.
Mais je n’essaie plus de tout faire taire.
J’observe davantage ce qui se passe.
Je questionne certaines pensées.
J’en laisse passer d’autres.
Et j’essaie, quand c’est possible, d’utiliser ce fonctionnement comme un outil plutôt que comme un ennemi.
Un feu d’artifice mental
On parle de pensée en arborescence : un système où tout est relié. Une idée en fait naître d’autres, qui ouvrent encore d’autres branches.
Cela peut ressembler à un feu d’artifice mental ou à une boule qui rebondit dans tous les sens sur un plateau rempli de chemins possibles.
Je dirais même que c’est une pensée quantique dans le sens où chaque partie de branche est en même temps un chemin différent mais toujours lié aux autres à tout moment. Difficile de représenter cela concrètement.
Ce n’est pas toujours confortable, mais c’est aussi une manière d’être au monde.
Aujourd’hui, je n’essaie plus d’appuyer sur un bouton ON/OFF.
Je cherche plutôt à apprivoiser le bouton du volume.
Et vous ?
Chacun d’entre nous a son propre mode de fonctionnement, ses propres préférences et sa manière d’appréhender le monde extérieur. Alors prenez le temps de vous observer penser ! Est-ce que votre cerveau ressemble parfois à un feu d’artifice ? Est-ce qu’il avance plutôt en ligne droite ou est-ce qu’il préfère prendre des chemins de traverse ? Aucun fonctionnement n’est meilleur qu’un autre, ils ont tous leurs avantages et inconvénients.
Si vous voulez découvrir ce sujet plus en profondeur, nous vous invitions à participer à la journée du 30 avril prochain sur le thème du « Coaching et neurodiversité ». Elle sera animée par une coach en cours de Master au King’s College à Londre en neurosciences de la santé mentale.
Lien pour la formation « Coaching et neurodiversité »
Grégoire Perroud